One Direction: This Is Us. Les fous ils ont osé... Après le film sur Justin
Bieber, le vomisseur de lait qui essaye de se racheter une image swag avec
David Guetta bien connu de toutes les jeunes pisseuses, on nous gratifie de trois
mèches de cheveux de merde supplémentaires. Ce documentaire nous permettra de
suivre les quatre branleurs durant leur tournée et en plus en 3D. Comme ça en
plus de se faire chier devant cette daube, on aura aussi droit à un mal de tête
aussi dantesque que celui de Justin Bieber, leur cousin capilaire, un lendemain
de fête du lait.
Le pire c’est que ce film va clairement marcher parce que
toutes les petites prostiputes de 12 à 17 ans vont aller voir cette diarrhée
visuelle et mouiller leurs culottes devant ces quatre puceaux. Quand
comprendront-ils que les boys bands sont aussi peu à la mode que le fluo (oui tu
peux te sentir honteuse toi la connasse qui arbore fièrement un haut rose fluo
dégueulasse). Regardez l'image ci-dessus et admirez toute l'intelligence qui transparaît dans leurs regards derrière leurs lunettes 3D, qui leur vont aussi bien qu'un pantalon à un unijambiste.
Tout aussi peu étonnant c’est le réalisateur de ce chef-d’œuvre,
Morgan Spurlock. Tu le connais probablement, c’est le génie qui a failli mourir
en bouffant du McDo tous les jours dans Supersize Me. Le mec n’a pas peur des
expériences dangereuses. Après s’être bousillé la santé à coups de Big Mac, il
va perdre la raison à coup de musique de merde et de réflexions philosophiques
de mécheux à deux balles. Peut-être mourra-t-il d’ennui avant la fin du
tournage aussi… Mais en même temps, entre me taper une tournée de ce groupe et
le plus mauvais fast-food du monde deux fois par jour plusieurs semaines, je ne sais pas ce qui est le pire.
Bref, la One Direction à prendre par ces quatre boloss, c’est
la porte. D’un avion en vol. Au-dessus d’un volcan. Inutile de se plaindre
après tout puisque ce film va clairement marcher à moins d’une prise de conscience
mondiale fulgurante, qui serait aussi surprenante que de voir un américain dans
une salle de sport. Donc allez le voir après tout, je m’en bats les couilles.
Cordialement.
« Tais-toi t’as Thor », serait-on tenté de cracher au visage de l’hurluberlu bodybuildé qui, en revêtant une fois de plus sa belle cape rouge de divinité nordique, cautionne la suite de la véritable Berezina culturelle que fut Thor premier du nom. Mais ce ne serait qu’un bien vain apophtegme, puisque d’hurelu il n’a que le portefeuille, et que du Dieu scandinave il porte bien mieux le nom original : « Porr ». Passons cependant, si vous le voulez bien, sur cet ambitieux jeu de mot utilisant la faiblesse de l’alphabet latin pour sous-entendre que la tête d’affiche de Thor aurait mieux fait d’incarner l’un des boucs du char du héros éponyme, et concentrons-nous sur les faits.
Vous pensiez que Chris Hemsworth avait été choisi pour ses talents d’acteur ? Nenni ! Il faudra d’ailleurs bien toute la fraîcheur citron de sa femme Sif pour laver un tel affront. La bonne nouvelle, c’est que la potiche du film n’est autre que Natalie Portman, plus connue pour son sobriquet « la chiarde de Star Wars » et pour la scène lesbienne de Black Swan que pour sa jolie performance dans Léon. Tant mieux après tout, un second rôle qui éclipse le premier constituerait un malvenu pied-de-nez à un responsable de casting qui a trop profité des lois permissives d’Asgard en matière de cannabis lors de son dernier séjour à Bilskirnir.
De Thor 2, retiendra-t-on que le casting est Thor-dant et que le scénario est Thor-du ? Question rhé-Thor-ique tant ce dernier contient plé-Thor de faux rebondissements lâchés à Thor et à travers. Tirant souvent vers la vaste fumisterie, il ne nous offrira pour maigre consolation qu’un argument eco-friendly : il n’aura fallu qu’une feuille de PQ pour en écrire son contenu. Laissant à votre perspicacité la nature de l’encre utilisée, je vous en benne les prolégomènes : ils ont renvoyé Padmé sur Naboo. Enfin, je crois.
Et que dire de Loki, petit méchant sans charisme ni ambition, en lequel personne ne croit vraiment ? Que penser à l’idée qu’Anthony Hopkins se fourvoie à nouveau dans le rôle du vieux papa avec son armure en carton, entouré d’effets spéciaux des années 2000 ? Espérons que l’image 3D soit assez floue pour qu’on ne puisse pas voir tout ça.
Finalement, après moult opus à la qualité déjà douteuse, Walt Disney nous refait le coup « Aznavour » et accouche d’une énième preuve d’un phénomène que le mot « surexploitation » n’arrive même plus à qualifier dans son intégralité. J’espère simplement que le marteau en plastoc’ rajouté en post-production finira sur les doigts du responsable de tout ça chez Marvel. Marvel qu’il faudrait d’ailleurs renommer « margelle » pour l’occasion, comme celle que tu te prends dans les dents à force de rater des saltos arrière dans la piscine des grands-parents.
Contrairement à ce que pensent quelques inaptes sociaux, écrasant de leur bourrelets vergetés les petits fauteuils IKEA qui les soutiennent péniblement, le dernier album des Daft Punk ne porte pas le nom de barrettes de mémoire vive. Non, ce sont les barrettes de mémoire vive qui portent le nom du dernier album des Daft Punk. Random Access Memories, puisque c'est ainsi que le duo divin a jugé nécessaire de baptiser son dernier miracle, n'est pas encore dans les bacs sur Spotify que, fidèle à sa réputation d'excellence, UMDB vous en livre déjà une review détaillée.
Je vois d'ici votre réaction -- telle que mon ami Jean me l'avait prédite hier lorsque nous discutions près de La Fontaine --, ne vous sentant plus de joie, criant haro sur l'âne que je suis, m'invitant peut-être même à imiter la danse des cigales de ma Provence d'origine au lieu de perdre mon temps à publier la critique d'un album sur un blog de critiques de films. Et bien sachez que l'on rencontre sa destinée souvent par les chemins que l'on prend pour l'éviter, et que finalement cette critique musicale sera très graphique. Peu convaincu ? Rappelez-vous qu'en toute chose, il faut considérer la fin et que la douleur est toujours moins forte que la plainte. Mais revenons à nos moutons, et je vous épargnerai le cochon et la chèvre.
Si je parle autant d'animaux, ce n'est pas tant pour mettre en valeur les inclinations zoophiles de mon colocataire parisien que pour évoquer la puissance bestiale qui se dégage des premières notes de cet opus tant attendu. Ses auteurs ont d'ailleurs vu juste en dévoilant en avant-première les treize odes à la vie qu'il contient lors d'un salon de l'agriculture australien. Folie ? Non, ce sont les Daaaft ! On disait de Sparte qu'elle n'avait pour muraille que les pectoraux de ses citoyens pour la défendre des attaques adverses ; on dira désormais de Random Access Memories que l'intensité de son beat, reléguant n'importe quel VU-mètre au rang de vulgaire ventilateur acheté en promo chez Darty, suffit à annihiler, d'une oscillation de membrane de subwoofer, les fous espoirs de critiques rageusement négatives.
Au sommet de leur art, qu'ils concrétisent d'un éclair de génie fendant le ciel d'une nuit d'été, les deux Daft bouleversent les normes, effacent d'un revers de main gantée les ridicules tentatives "musicales" des Justin Bieber et autres Beataucue, et vont même jusqu'à se mettre au service de leur mythiques mixes : ils n'ont plus de nom, plus de visage, il ne parlent plus et ne jouent même plus en public. Pourtant, Daft Punk demeure le vaisseau amiral de la french touch, incarnant d'une manière autrement plus efficace le made in France qu'un ministre écervelé en marinière. Les pistes de Random Access Memories, rappelant à notre bon souvenir le meilleur des années disco, défilent aussi vite que le temps de la jeunesse et de l'insouciance : c'est inéluctable, imparable, envoûtant.
Trop tôt, la pointe diamant trouve la sortie du labyrinthe gravé dans le vinyle. Le rêve s'échappe. Des souvenirs aléatoires que l'on nous avait promis, le plus indélébile sera certainement l'auréole incrustée dans ses sous-vêtements, preuve de l'orgasme auditif que les deux papes du groove viennent de nous offrir.
Quelques réalisateurs semblent attraper la fâcheuse manie de faire des films tirés d'oeuvres déjà existantes et de les sortir pratiquement en même temps. On l'a vu récemment avec la Guerre des Boutons et cette fois-ci c'est Blanche-Neige qui s'y colle. Mais là où le duel de couture ne proposait que deux versions différentes uniquement par leurs castings, les Blanche-Neige vont plus loin avec des films aux genres totalement différents. Qui sera le grand vainqueur ? Il serait un peu idiot de désigner un gagnant alors que l'un se revendique comme une comédie proche du conte de Walt Disney et l'autre pratiquement comme un film de guerre. Mais vu qu'on en est pas à une contradiction près sur UMDb, voici notre comparatif. A la fin, il n'en restera qu'un !
Blanche-Neige et le chasseur (13 juin 2012)
La première version sur laquelle nous allons nous attarder est celle de Blanche-Neige et le chasseur, mise en scène par Rupert Sanders, réalisateur totalement inconnu au bataillon qui est donc prêt à nous montrer toute la puissance de ses qualités de cinéaste.
Il propose ainsi de transformer le vilain chasseur censé tuer Blanche-Neige en son protecteur. Ensemble, avec l'aide des sept nains et d'une armée de vaillants combattants, ils vont s'attaquer à la méchante Reine, tellement narcissique qu'elle a déclenché une guerre juste pour rester la plus belle. La prochaine fois, elle fera comme toutes les stars américaines et passera sur le billard. Et qu'elle emmène donc Kristen Stewart avec elle ! Tout le monde est d'accord pour dire que Blanche-Neige est censée représenter la beauté à l'état pur ? C'est assez mal parti ici avec la personnage principale de Twilight, aussi appelée la fille moche à l'expression faciale unique.
Heureusement, ce choix de Blanche-Neige vomitif est rattrapé par une Reine aussi classe que sexy. Le tout nous est servi par un style visuel vraiment sublime. On passe des scènes sombres où les ennemis volent en éclat tels des verres en cristal noir (si, ça existe), au décors lumineux et ultra-colorés qui ne sont pas sans rappeler Alice aux Pays des Merveilles. La guerre qui est proposée à l'écran en jette pas mal et cette réappropriation du conte des frères Grimm est vraiment osée, mais c'est un pari réussi pour Rupert Sanders et son Blanche-Neige et le chasseur !
Blanche-Neige (11 avril 2012)
Place à la comédie cette fois avec un Blanche-Neige plus tourné vers l'humour et plus proche du conte d'origine. Tarsem Singh est rôdé à l'exercice de cinéaste avec à son actif L'étrange histoire de Benjamin Button par exemple. Avec Julia Robberts en reine, ce Blanche-Neige est plus conventionnel mais pas dénué d'intérêt pour autant. C'est Lily Collins qui incarne cette fois la belle à la peau couleur neige. La fille du célèbre chanteur est déjà plus jolie que Kristen Stewart mais là où son paternel n'a plus un poil sur le caillou, elle semble les avoir hérités au niveau des sourcils. On lui pardonnera cette pilosité faciale car sa prestation se révèle à la hauteur et la petite est finalement très mignonne.
Il faut cependant avouer que ce Blanche-Neige est bien moins intéressant que son homologue plus tourné vers un public adulte. On troque les batailles dantesques contre des scènes où le prince charmant est transformé en chien par le biais d'une potion magique. Drôle non ? Attendez, lâchez ce fusil ! Lisez au moins qui ressort vainqueur de ce duel de titans ! En prime, un petit montage made with Paint pour comparer les deux princesses. Elle est pas belle la vie finalement ?
Gagnant : Blanche-Neige (1937)
Grand outsider de cet affrontement cinématographique, c'est le dessin animé de Walt Disney paru en 1937 qui est désigné grand vainqueur ! Il faut dire qu'en plus de 70 ans, il n'a pratiquement pas pris une ride, ce qui ne sera pas le cas de Kristen Stewart en 2082... Néanmoins, on ne peut que vous conseiller de vous jeter sur Blanche-Neige et le chasseur et de vous jeter son homologue comique, à moins que vous ne vouliez passer un moment agréable en famille ou avec une petite fille kidnappée, fatigué que vous êtes de la voir sans cesse en larmes dans votre cave. L'intention est louable mais pas sûr que cela lui remontera le moral...
Regarder Twilight et Titanic revient à peu près à la même chose : dès les premières images, on sait déjà qu’on va toucher le fond. Pourtant, tout le monde pense que James Cameron est un génie et que Bill Condon1 est l’inventeur du préservatif. Pourquoi une telle dichotomie ? Pourquoi les filles pleurent-elles en regardant Twilight ? Pourquoi faut-il absolument aller voir Twilight 4 « Breaking Dawn » partie 2 ?
Avant de répondre à ces questions, dont la légitimité n’a d’égale que l’objectivité de cet article, je tiens à préciser que si ce dernier se concentre sur la deuxième partie du quatrième épisode de la saga pour prépubères, il s’applique également à l’intégralité des opus pour des raisons de compatibilité ascendante. Une étude superficielle, que je laisse à la perspicacité du lecteur, montre en effet facilement que chaque itération de la tétralogie préférée des pucelles n’est autre que le film précédent, agrémenté de quelques nouveautés, censées justifier les scandaleuses royalties versées à son créateur. S. Meyer, puisque tel est son nom, véritable J.K. Rowling des temps modernes, est d’ailleurs rapidement devenue l’icône mormone d’une génération de puritaines sentimentales, frustrée d’être née à l’époque du déclin de Walt Disney, de n’avoir connu ni les pokémons ni les minikeums et dont les mièvreries chroniques l’empêche de voir en l’œuvre de Tolkien, Jules Vernes ou le plus accessible Harry Potter les saines lectures qu’elle mérite.
Vous ne m’en voudrez donc pas de parler d’une « mise à jour » plutôt que de réel nouveau film ; ses promoteurs, à l’instar des producteurs du dimanche ayant tenté de copier maladroitement l’insolente profondeur des sagas qui méritent d’en être – Star Wars, Alien, The Lord of the Rings, je pense à vous ! –, n’ont même pas réellement tenté de flatter notre Über-Ich freudien : le titre original, Twilight v4.2 (code name: Breaking Dawn), transpire encore à travers l’intitulé définitif, choisi par un stagiaire dans un couloir de Summit Entertainment – le peu d’honneur qu’il restait à Warner et 20th Century Fox les avaient empêchés de financer cet ambitieux projet de formatage de la jeunesse occidentale2.
N’ayant ni lu le script de ce futur blockbuster et aimant à groupies en chaleur – et pourtant, il est là, devant moi, avec sur sa couverture une Dame blanche et un pion rouge, comme pour faire croire aux parents que la lecture de ce torchon apportera autant à leur progéniture qu’une partie d’échecs – ni assisté à une projection sous haute surveillance des premiers rushes du tournage dans le Cullen Ranch – qui n’a ni la classe ni l’envergure du Skywalker Ranch et dont le nom sonne comme un mot allemand guttural qui voudrait dire « pigeon » – je suis en mesure de vous dévoiler les principales nouveautés de la dernière version de Twilight. Vous vous souvenez certainement des incroyables changements apportés dans la version 4.1 : Kristin Stewart plus dénudée qu’à l’accoutumée, la fin de l’abstinence pour les deux tourterelles3 ainsi que la scène finale, dans laquelle, à défaut d’avoir pu profiter de la situation inverse, Edward suce sa belle pour la sauver d’une mort qui aurait soulagé tout le monde. Pourquoi des revirements aussi radicaux ? Nous savons désormais de source sûre que c’est l’église mormone elle-même qui a expliqué à Meyer que pour leur assurer la conquête du monde, il ne fallait pas brusquer les midinettes et les hormones qui commencent à les chatouiller en leur présentant une morale trop rigide, et qu’il était temps, après quatre épisodes, que le bel Edward plante une fois pour toute son croc dans la peau tendre et immaculée de Bella.
Bel exemple d’ailleurs pour la jeunesse que cette Bella, fille pas très canon désobéissant à son père, adoptant des conduites à risque, vivant dans l’excès constant et prête à tout pour s’acoquiner avec un mort-vivant insipide à la belle gueule alors qu’elle explique certainement tous les jours à ses amis trop entreprenants et moins gâtés par la nature que le physique compte moins que la personnalité.
Pour la petite histoire, c’est une Stéphanie Meyer pleurant toutes les larmes de son corps dans un bar satanique de l’Utah qui nous a confié qu’elle avait été extrêmement choquée par l’intensité et la violence des scènes de sexe du script original du film – la pauvre n’est pas habituée : son mari polygame, qui pense aussi que seul le physique compte, mais qui lui l’avoue, ne doit pas si bien la connaitre4 que ça, et on le comprend. En découle cette scène édulcorée, incroyablement habile et manipulatrice, où le vampire le plus désiré de la planète, emporté par la fougue de sa jeunesse relative et l’ardeur du désir accumulé le temps des trois tomes précédents, casse une planche du pauvre lit à baldaquin, support de leurs ébats, qui n’avait clairement rien demandé.
Fade out, rien à voir. Fade in sur une chambre qui ressemble au Bagdad de la bonne époque. Rires dans la salle, vous venez de vous faire entuber : vous pensez, incrédule, avoir vu du sexe dans Twilight, mais il ne faut pas se leurrer : dire qu’il a été suggéré serait une grossière exagération. Il faudra vous contenter d’une Bella que le dépucelage n’a pas rendu moins niaise, couverte d’ecchymoses et enceinte. Si vous n’avez pas conscience de ce qui vient de se produire, rappelez-vous que l’écrivain de Twilight fait partie d’une secte influente qui interdit le sexe avant le mariage. Sous couvert d’un mélodrame occidental, c’est une tranche d’âge entière qui vient de voir qu'il faut attendre l’homme qui la mettra à la cuisine avant de s'abandonner aux plaisirs de la chair.
Mais j’avais promis de vous dévoiler les nouveautés de Twilight 4.2. Je vais les résumer en deux mots : « trente euros ». C’est la somme moyenne que la fille que vous avez peut-être dépensera pour cette nouvelle version de Twilight : 14€ pour le poster grand format de Jacob (bizarrement, j’ai l’impression que l’idole des spectatrices écervelées reste le type frustré, poilu comme un singe, qui ne se tape jamais la fille de ses rêves. Comme quoi, retirer son polo dix fois par film, ça finit par payer), 7€ pour la place de cinéma, tarif étudiant, chez Pathé, 7€ pour la deuxième place de cinéma (« il était mais genre trop cool, quoi ! ») et 2€ le ticket de bus pour aller chercher une pilule du lendemain dans une pharmacie où personne ne connait ses parents ; les capotes, c’est trop cher, et de toute façon, Edward et Bella n’en utilisent pas. Mais voyez le bon côté des choses, ça vous coutera toujours moins cher que la mise à jour de votre Mac, pour le même nombre de nouvelles fonctionnalités.
Vous l’aurez compris, la nouveauté ne se situera pas dans cet opus à la mièvrerie pestilentielle. La nouveauté, ce sera vous. Vous qui, je l’espère, aborderez ce film en gardant à l’esprit cette simple constatation : les mormons prônent l’abstinence sexuelle, interdisent le préservatif et bannissent l’avortement. Edward et Bella, les deux icônes de vos enfants, couchent ensemble trois ans après leur rencontre (Twilight, publié en 2005 et Breaking Dawn, publié en 2008), n’utilisent pas de préservatifs lors de leur premier ébat, et n’avortent pas.
Passé ce qui restera pour moi un constat absolument pas orienté, mon avis est finalement assez simple :
Aux parents responsables : n’emmenez pas vos enfants voir Twilight. Montrez-leur Titanic, autrement plus efficace : il ne faut qu’une heure à Kate Winslet, bien plus canon, pour se déshabiller et pas beaucoup plus pour s’offrir à son amant dans une voiture. Voiture qui reste d'ailleurs intacte (dans un premier temps, tout du moins…), la belle s'en sortant énamourée, sans le moindre hématome (dans un premier temps, tout du moins…).
Et aux membres de « l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours » : je vous vois.
___________________
1 Bill Condon : le réalisateur de Breaking Dawn. Il est normal que ce nom ne vous dise rien.
2 Cette phrase grammaticalement correcte contient 117 mots. Jules Verne en était capable. Les enfants de la génération Twilight, n'en seront probablement jamais.
3 Ceci n’est pas un lapsus.
4 Au sens biblique du terme. Hey, what did you expect?
Vous vous souvenez du dessin animé G.I. Joe qui rythmait votre jeunesse télévisuelle après l'école il y a quelques années ? Moi j'adorais le regarder tout en dégustant mon goûter quand j'étais petit, mais je dois avouer que quand l'adaptation en film est sortie, je l'ai vomi. G.I. Joe a réussi à illustrer parfaitement la décadence de Hollywood avec sa politique "On va faire un film à gros budget plein d'explosions et les gens sont tellement cons qu'ils iront le voir". Raté, je l'avais téléchargé, mais je dois dire que je ne prendrai même pas cette peine avec sa suite, prévue pour le mois de juin 2012. Comment est-ce possible de pondre une suite à un tel échec ? Mais quand on voit les commentaires en ligne, il est certain qu'un tas d'américains ignares (ah mince, c'est un pléonasme ça) iront le voir et pire, l'aimerons beaucoup ! Mais vous, vous êtes plus malins vu que vous lisez ce blog. Il vous faut donc des arguments pour vous convaincre même s'il faut dire que le scepticisme est difficilement de mise quand il y a marqué G.I. Joe sur l'affiche du film.
Vu que je suis quelqu'un de bien qui ne crache pas sur les choses sans une analyse de fond, je me suis renseigné sur le réalisateur, le bien nommé Jon Chu (dont le nom sonne bizarrement chinois, ce qui expliquerait bien des choses). Il se trouve que notre homme a réalisé Never Say Never, le film sur Justin Bieber, le puceau à la coiffure Playmobile que vous connaissez probablement. Partant de là, une critique est totalement inutile mais continuons.
G.I. Joe 2 raconte comment les gros méchants prennent le contrôle des Etats-Unis avec l'aide du gouvernement qui orchestre par la même occasion la chute des G.I. Joe. Cela ne vous rappelle rien ? En effet, c'est l'ordre 66 de Star Wars qui destitue les Jedis. Ainsi, monsieur Chu se permet de reprendre une excellente idée d'une saga tellement énorme que c'est même un blasphème d'en parler en même temps que G.I. Joe 2 (pardon George). Mais ce qui est brillamment mis en scène dans Star Wars est ici lancé d'une telle façon que le film n'est qu'une succession de situations tellement prévisibles que je pourrai publier cette critique sur Watched Movie Database (si ce site existait).
Histoire de faire passer cette pilule qui a la taille d'une courgette transgénique, on t'envoie dans la tronche des dizaines et dizaines d'explosions, mais nous ne sommes pas dupes ! Que dire aussi sur cette scène où les ninjas (qui n'ont de ninja que le nom) se battent sur une falaise accroché à des ficelles comme des pauvres saucissons ? American Ninja est un film ridicule mais c'est drôle tellement c'est mauvais et kitch, et c'est surtout justifié par les moyens de mise en scène de l'époque. Ici, c'est simplement affligeant. On est en 2012 et contrairement à certains dires, ce ne sera pas l'année de la fin du monde donc la nullité de G.I. Joe 2 restera malheureusement gravée dans l'histoire pour toujours !
Pour bien montrer qu'on nous prend bel et bien pour des moutons, la bande-annonce a le toupet de nous servir un remix de Seven Nation Army en dubstep en se disant qu'avec du dubstep, ça passera forcément. Et si ça ne suffit pas, balançons-leur du Bruce Willis. Bruce ! Au début je me disais "Qu'est-ce qui t'a pris d'accepter un rôle là-dedans ?! " mais en fait en voyant ton petit sourire dans le trailer j'ai compris... Je vous laisse du coup en compagnie de notre ami et de ce qu'il pense au moment du tournage.
S’il est un fait avéré parmi tant d’autres, c’est que le hype autour des films français n’est pas forcément une bonne chose. Cela permet certes de découvrir parfois de petits chef d’oeuvres comme Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, mais il arrive également que l’on se retrouve sans trop savoir pourquoi assis devant des déchets du calibre de Bienvenue chez les Ch’tis simplement parce que l’on a voulu suivre la masse populaire et faire comme tout le monde. Bien évidemment, ne pas succomber à cette tentation signifie souvent se marginaliser dans une société qui vous rejette alors parce que vous dénotez d’un manque flagrant de culture cinématographique. Si le prix pour ne pas perdre quelques heures de sa vie à se faire chier pendant qu’une salle entière de moutons se marre devant un humoriste aux grandes oreilles peut sembler exorbitant, je m’y suis résolu sans trop de problème il y a quelques temps déjà. C’est pourquoi je boude systématiquement toutes les productions de notre beau pays qui font le journal de vingt heures.
Le dernier en date, The Artist, semblait pourtant se démarquer de ces films humoristiques de bas étages qui se complaisent bien trop souvent dans la caricature d’une caste de notre société dont il est facile de se moquer. Pas de belges à l’horizon, pas de blagues potaches, c’est à dire vrai au départ tout l’inverse d’un film censé attirer du monde. Seule la présence de Jean Dujardin au casting pouvait laisser un peu d’espoir aux producteurs de générer une rentrée substantielle d’argent. Comment se fait-il alors que The Artist, non content d’être un carton au box office, se paye le luxe d’obtenir César et Oscar à la pelle ? Je profite d’ailleurs de cette question pour faire un petit aparté sur un sujet qui me taraude depuis longtemps : comment se fait-il que les récompenses attribuées au septième art aient des noms canins, aussi bien ici qu’outre-Atlantique ?
Revenons-en donc à nos moutons et essayons d’analyser ce qui a pu faire le succès de The Artist. L’attrait principal du film n’est autre que ses dialogues, ou plutôt leur notable absence. Cette particularité majeure permet d’éviter l’écueil d’une VF souvent bourrée de fautes de traduction afin de coller au mieux aux mouvements labiaux des acteurs, mais également de s’affranchir de sous-titres qui accaparent l’esprit du spectateur et l’empêchent de profiter pleinement de ce qu’il se passe à l’écran. Sergio Leone l’avait bien compris en se concentrant dans ses productions sur de longs silences qui donnaient tout leur sens à l’action. La première scène de Il était une fois dans l’ouest est peut-être le meilleur exemple que l’on puisse donner à ce propos, puisque l’absence quasi-totale de paroles pendant une dizaine de minutes permet de projeter au mieux le public dans le pesant sentiment d’attente d’un élément déclencheur du reste des événements.
Plus que cela, Michel Hazanavicius se permet avec The Artist un retour aux sources même du cinéma tel qu’il l’était dans la première moitié du vingtième siècle. Son film prend alors immédiatement un aspect universel, comme l’étaient ceux de Charlie Chaplin en son temps. Il permet plusieurs niveaux de lecture selon l’interprétation du spectateur et n’enferme aucune scène dans un contexte défini en faisant dire à ses acteurs ce qu’il veut faire passer. Chacun est alors libre de comprendre le film comme il le souhaite, que ce soit comme un hommage du cinéma hollywoodien d’après guerre ou plutôt comme une satire de ce milieu où l’excès est roi. Si ce double sens de lecture donne une saveur toute particulière à The Artist et est en grande partie la raison de son succès, il ne faut pas non plus oublier le magistral jeu d’artiste de Jean Dujardin et de sa compagne à l’écran, qui réussissent à exprimer sans jamais dire un mot un panel incroyable de sentiments. On avait presque oublié à quel point le visage humain pouvait retranscrire d’innombrables émotions et le duo d’acteurs se fait un plaisir de nous le rappeler. Attendrissants, amusants et parfois touchants, ils arrivent simplement grâce à leurs mimiques à nous envahir de sentiments contradictoires et à nous faire passer du rire aux larmes sans aucune difficultés.
Enfin, et pour clôturer cette analyse on ne peut plus complète, The Artist surfe allègrement sur la vague de la nostalgie. A l’heure où rien ne va plus dans ce monde qui part en morceaux, il faut avouer qu’il est tentant de retourner l’espace de quelques instants dans le passé et la l’allégresse de l’après guerre. On ressort donc des salles obscures avec un petit sourire au lèvre, mais le retour à la réalité est tellement dur que l’on a qu’une seule envie : retourner dans ce monde muet et finalement beaucoup plus beau que le notre.